La classique, pour commencer : pouvez-vous vous présenter l’un et l’autre ?
Leo Hellden : Moi, je m’appelle Leo, je suis Suédois et je vis à Paris depuis très longtemps. À la base, je suis musicien : j’ai commencé en tant que guitariste de Jay-Jay Johanson et j’ai bossé avec lui pendant cinq ans. On a, à cette époque, beaucoup tourné en France, et c’est comme ça que j’ai décidé de m’installer à Paris. C’était en 2005, et c’est aussi cette année là que j’ai monté Aswefall avec Clément Vaché, un groupe qui a un peu disparu aujourd’hui mais qui était vraiment cool. À cette même période, j’ai débuté un autre projet, Tristesse Contemporaine. On a fait deux albums et, au moment de la production du second, je suis devenu le guitariste du groupe Camp Claude… Bref, j’ai été musicien pendant toutes ces années, mais je n’ai jamais eu mon propre projet à part Slove. Après, plus personnellement, j’ai pensé plusieurs fois à abandonner la musique. Trop de déplacements, pas assez de sommeil, j'ai beaucoup douté. J'avais un gros manque de repères en somme. Alors j’ai fait des études pour être économiste. Passionné de livre anciens, j’ai aussi été libraire en France et en Suède. Mais je suis toujours revenu à la musique ! (Rires)
Julien Barthe : Moi, j’aurais dû être graphiste ! (Rires) Mais l’électro est arrivée dans les années 92-93, donc je me suis mis à mixer. Comme ça a payé mon loyer direct, je n’ai jamais été graphiste. C’était l’époque bénie de la techno et de la house. Ça m'a mené en studio et surtout à la sortie de mon premier disque en 1999 avec Plaisir de France. En 2000, j’ai eu mon premier contrat sérieux, en pleine French Touch. Ça m’a permis d’avoir mon premier matos à moi. En 2005, j’ai voulu refaire de l’acid comme dans mes grandes années rave, alors j’ai monté mon projet Sweet Light. Dans les années qui ont suivi, je me suis de nouveau lassé et j’ai décidé de remixer des morceaux en français. C’est comme ça que j’ai bossé avec Étienne Daho, Mikado, Alain Chamfort etc… Bref, beaucoup de projets en parallèle, comme Leo. Quand vous êtes-vous rencontrés, et comment Slove est né ? 
Leo : En fait, c’est grâce à Aswefall qu’on s’est rencontré, vers 2005. À l’époque, avec Clément, on louait une cabine dans le studio dans lequel on se trouve en ce moment (situé à Bagnolet, ndlr). Julien, lui, louait une autre cabine. Du coup, on s’est énormément croisé...
Julien : Et on s’est dit qu’on ferait bien des chansons ensemble. À la même époque en plus, on jouait tous les deux au Sonar (le festival barcelonais, ndlr), Leo avec Aswefall et moi avec Sweet Light. Bref, on se croisait trop pour qu’il n’y ait pas un truc à faire.
Leo : Ouais, et puis même si moi je viens d’un univers plutôt pop, j’ai toujours eu une attirance pour l’électro. Pareil pour Julien, qui d’ailleurs remixait déjà des mecs comme Daho par exemple.

Pourquoi "Slove" ? Et tant qu’on y est, pourquoi Le Danse et Le Touch, respectivement les noms de vos premier et second albums ?
Leo : À la base, le premier titre que Julien m’a fait écouter et qu'il m’a proposé pour le groupe s’appelait justement Slove.
Julien : C’était très noise et électro, tout ce qu’on aime tous les deux.
Leo : Un morceau très My Bloody Valentine, mais avec des synthés.
Julien :
Pour nous, le parfait mélange du slow et du love, quoi. D’où le nom de Slove. Et pour Le Touch et Le Danse, c’est clairement un hommage à Leo ! (Rires) Il fait souvent ce genre de fautes de français, et moi, c’est un truc que je trouve génial de manière générale.
Évidemment, passons à l’éternelle question «qui fait quoi dans le duo» ?
Julien : Personne ne fait rien en particulier. Notre seule technique, c’est de se faire écouter des morceaux qu’on aime, et après on fait des instrus chacun de notre côté et on se les échange.
Leo : Ensuite, on contacte les chanteurs avec qui on veut bosser.

Justement, sur cet album, on compte beaucoup de featurings : Sarah Rebecca, Maud Geffray, Alex Rossi... Donc une question aussi chelou que récurrente : est-ce que l’une de ces collaborations vous a marquée plus qu’une autre ? Et comment avez-vous choisi ces artistes ?
Julien : On les aime tous, enfin !
Leo : Oui, après c’est vrai, un peu comme tous les musiciens, on préfère toujours les titres qu’on vient juste de finir.
Julien : Carrément ! Si un nouveau chanteur vient poser sa voix sur un nouveau morceau, ce sera celui-là notre favori ! (Rires)

Sinon, quelles sont les différences entre Le Touch, votre second album, et le premier ?
Leo : Il est plus électro, c’est certain, mais aussi plus homogène…
Julien : Avec Le Danse, on ne pensait pas du tout sortir un projet au début. On faisait des morceaux ensemble, un peu au feeling, mais c’est tout. Avec celui-ci, on savait plus ce qu’on cherchait à faire à la fin.

Ah oui, et aussi : ça donne quoi Slove sur scène ?
Leo : C’est toujours un peu compliqué vu le nombre de chanteurs qui bossent avec nous... (Rires) Je pense qu’on va plutôt faire des DJ-sets.
Julien : Oui mais tu vois, sur le premier album, on a fait pas mal de lives et on s’est payé le luxe de faire venir tous les chanteurs à chaque fois. Là, j’espère vraiment qu’on va pouvoir le refaire, parce que c’est vraiment cool. C’est comme un concert de hip-hop, mais en pop ! (Rires)En parlant de genres, l'une de mes questions favorites : comment définiriez-vous votre musique ? Pop acidulée ? Électro indé ? Minimale colorée ?
Leo : (Rires) Minimale colorée, c’est bon ça…
Julien : Pour moi, notre genre, c’est celui qui respecte le plus la mélodie. C’est «poils hérissés», voilà ce que c’est notre musique ! (Rires)

Pour conclure cette interview de promo pure, je vous propose de faire un petit portrait chinois, le jeu littéraire bien lourd que l’on sort souvent quand on est à court de questions. En commençant par "et si vous étiez une musique de film ?", par exemple.
Julien : Toute la musique de Dreamland (drame américain de Jason Matzner, sorti en 2006, ndlr). C’est une bande-son planante qui nous a beaucoup inspirés pour le premier album.

Si vous étiez une danse ?
Leo : Le tango finlandais ! (Rires)
Julien : Heu, je ne sais pas… Le shaker ? (Il mime un shaker de cocktail entre ses mains, ndlr)

Si vous étiez un chanteur ?
Leo :
J’aurais adoré chanter comme Morrissey...
Julien : Trop dur, je sèche.

Si vous étiez un clip ?
Leo :
Thriller ! (Rires)
Julien :
Oh non, n'écris pas ça !

Si vous étiez une chanteuse ?
Leo :
Julien, ta chanteuse française….
Julien : (Rires) ...Oui, Barbara !

Si vous étiez une salle de concert ?
Julien : Moi, j’aime les salles privées dans des manoirs. Donc je dirais le Château de Kériolet à Concarneau.

Si vous étiez un groupe ? 
Ensemble : Slove, évidemment !

++ Le second album de Slove, Le Touch, sortira le 2 mars prochain chez Pschent. Le Danse, leur premier album, est en écoute intégrale sur Deezer.
++ Les comptes Facebook et Twitter de Slove.

Crédit photos : Marco Dos Santos.