«Aujourd’hui Martine, on va se faire un teint de grosse suceuse de queues dans les toilettes Dixi». Face à chacune des vidéos de Gaëlle Garcia Diaz, c’est toute une série de quolibets de pochetron qui vous contemplent.  Si bien qu’on jurerait être devant une mauvaise parodie moquant les youtubeuses beauté, têtes à claques favorites de notre millénaire. Pourtant, derrière ce langage cru (euphémisme) et ce look de michetonneuse se cache une véritable conseillère autoproclamée spécialiste de la beauté. Et il faut même admettre que ses astuces ne sont pas mauvaises.gaelle2Illumination d’un teint fatigué, mise en valeur d’une bouche famélique, soins pour cheveux de paille… Les thématiques restent plutôt classiques. Mais la Belge s’est engouffrée dans un créneau quasi-inédit dans le YouTube-game féminin : celui du second degré nappé d’une (over)dose de vulgarité. Plutôt que d’opter, comme toutes ses collègues bénies oui-oui, pour la carte de la «grande sœur» réconfortante, Gaëlle Garcia Diaz préfère camper le rôle de la meilleure pote gênante qui jure 24h/24 comme un charretier («Oui, j’ai des ongles de grosse chienne du quartier»), surnommant tendrement ses abonnées «Martine». On vous laisse trouver avec quoi ça rime.

Entre la tchoin, l'actrice de cul et la crevarde
Au programme, «COMMENT AVOIR UN BOUL DE GROSSE TCHOIN», «TUTO MAKE-UP "ACTRICE DE FILMS X" !», «MAKE-UP SPECIAL CREVARDE». Le tout en majuscule, pour bien annoncer la couleur et piquer la curiosité. Force est de reconnaître que la vloggueuse tape juste : plutôt que les classiques «haul de rentrée» ou «get ready with me : premier rencard avec son crush», Gaëlle Garcia Diaz préfère proposer des astuces pour avoir le derche de Kim Kardashian. Et ça marche, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en seulement un an d’existence, sa chaîne compte déjà un demi-million de fidèles «Martine» désireuses d’être maquillées comme des tapineuses des bois. Nombre de ses vidéos ont d’ores et déjà franchi la symbolique barre du million de vues.


Rien ne prédestinait pourtant la jeune femme de 29 ans à tutoyer les étoiles de la youtubosphère. Après avoir fait des études de communication et de statistiques, elle allie vie de bureau dans une boîte de multimédia et carrière de mannequin où elle enchaîne les couvertures de magazines, dont
Playboy. Lasse des allusions tendancieuses de ses collègues, elle trouve refuge dans le monde du poker, où elle devient à la fois commentatrice et joueuse professionnelle en Belgique. Avant d’à nouveau tout lâcher pour partir en France et s’essayer à la télé réalité (La maison du bluff) et à la sitcom moisie (Hollywood Girl). Nous dirons poliment que Gaëlle Garcia Diaz a la bougeotte. «Je me fais vite chier», préfère-t-elle déclarer à ses abonnées pour expliquer ses changements incessants d’activités.
gaelleLes nouveaux Brangelina
Lorsque lui vient l’idée de lancer une chaîne YouTube, l’objectif est clair : «
J’avais pas envie de faire un truc bateau, un truc nul», explique-t-elle. S’ensuit un lancement tous azimuts qu’elle doit à un ton totalement déglingo, certes, mais aussi aux bons conseils de son compagnon. Ce dernier n’est pas vraiment un inconnu dans la youtubosphère. Gaelle Garcia Diaz ne s’en cache pas : depuis plusieurs années, elle partage sa vie avec l’influenceur pipi-caca-LOL Jimmy Labeeu, vidéaste belge flirtant avec le million et demi d’abonnés. «Tu t’en bas les couilles, si t’as envie de lancer une chaîne, fais-le», lui aurait-il romantiquement recommandé. Très vite, le couple à l’humour gras se met en scène et fait péter le compteur de views, devenant les nouveaux Brangelina de la plateforme. David Lafarge Pokemon et Miss Jirachi, fraîchement séparés (RIP), se font voler le titre par les deux larrons. Fiancés, il est fort à parier que leur futur mariage soit lui aussi mis en scène, éclipsant sans aucun doute celui du Prince Harry :(


Auréolée d’un pygmalion aussi puissant que son vocabulaire ordurier, la petite ne pouvait que briller et multiplie ainsi les fulgurances, se payant même le luxe de jouer les icônes féministes pour ses plus jeunes fidèles : «
Mesdames, par pitié cessez de vous sentir mal en lisant des commentaires de connasses ou de grands cons, car n’oubliez pas, si vous possédez un vagin, hé bien vous dominez la planète entière». Son dernier coup d’éclat en date ? Se faire la boule à zéro façon Britney Spears en 2007, le burn-out en moins : «Ça fait des mois que ça me trottait dans la tête. J’ai longuement hésité bien évidemment, mais j’ai toujours eu une relation de haine avec mes cheveux. La femme de mon frère, malheureusement, a un cancer. Alors forcé­ment, quand elle a dû se raser suite à la chimio, j’ai eu envie de lui montrer mon soutien et lui prouver que la beauté et la féminité ne sont pas dans les cheveux».


Une business woman comme les autres ?
Couillue, généreuse, mobilisée contre les diktats de la beauté, pour l’égalité des sexes… Bordel, Gaëlle Garcia Diaz serait-elle parfaite ? Alerte spoiler : eh bien non, les Martine. Si l’ex-playmate considère YouTube comme une passion, il est bon de ne pas oublier qu’aujourd’hui, c’est devenu son gagne-pain. «J’espère que cette vidéo fera 17 millions de vues et me fera gagner un maximum de pognon, parce que j’adore l’argent, l’argent c’est vraiment super», disait-elle lors de sa vidéo inaugurale. Second degré seulement ? Comme tant d’autres, la Belge s’adonne au peu subtil télé-shopping, nous prodiguant l’efficacité de tel fer à boucler ou telle application de rencontre. Toujours plus loin, toujours plus haut, la zouze a même lancé son propre e-shop constitué de produits dérivés pour la plupart floqués d’un «Martine». Mais si les autres youtubeurs le font, pourquoi n’aurait-elle pas le droit, elle aussi, de toucher de la caillasse... Pas vrai ma pute ?
martineGaëlle Garcia Diaz n’a pas répondu à nos demandes d’interview. Dommage Martine, on était chaud.