photodesoirée

Vous, sages lecteurs, savez bien évidemment qu'il faut boire avec modération pour ne pas se trouver le lendemain identifié sur des photos embarrassantes sur Facebook et Instagram. Grace à des siècles d'innovations technologiques fulgurantes, l’apparition des smartphones et de leur petite caméra intégrée a permis de capturer vos gueules de déterrés en soirée, de les copier, de les télécharger et de les conserver pour l’éternité. Il n’en a pas toujours été ainsi. Dans un temps très, très lointain, bien avant l’invention de ces murs de la honte que sont les rézosocios, prendre un cliché était un processus long qui nécessitait plusieurs minutes d’exposition et des méthodes de développement chimique alambiquées. Pas idéal pour immortaliser vos gesticulations en club, donc.

Nous avons tous déjà aperçus les résultats de ces séances de poses interminables sur de vieux daguerréotypes. Mais dans les années 30-40, un autre procédé gagnait de l’importance en Angleterre. Son nom : le calotype ou “talbotype”, conçu par William Henry Fox Talbot. Nécessitant un temps d’exposition moins long, il permettait de prendre des clichés plus spontanés. Datée de 1843, l'image ci-dessus est à mille lieux des portraits guindés d’antan : le grain est flou, les types boivent des coups et se touchent, l’ambiance est à la franche marrade. C’est la première photo connue de gens en train de bourrer la gueule, et elle est à la hauteur de son sujet.

Un cliché signé par les peintres et photographes écossais Robert Adamson et David Octavius Hill (le bonhomme hilare à droite), avec l’écrivain James Ballantine à gauche et le Docteur George Bell au centre.

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