Musicien expérimental proche de la scène industrielle, figure controversée de l'occultisme américain et prof de tantrisme, Nikolas Schreck a passé toute sa vie à étudier le cas Manson sous toutes les coutures, lui consacrant un livre (The Manson File) et un film (Charles Manson Superstar). Très loin d’un biopic en bonne et due forme, cet étrange essai documentaire (ci-dessus) présente la pensée et la philosophie tordue du hippie psychotique à travers un long entretien-fleuve non censuré, enregistré entre les murs de la prison de San Quentin. La vidéo commence avec une observation de Schreck sur les dates des meurtres de Tate/Labianca, le 8 et le 9 août, qui correspondent ironiquement à d’autres événements lugubres : le bombardement atomique de Nagasaki, le premier congrès national du Klu Klux Klan, la naissance du tueur qui a inspiré Psycho, la démission de Nixon et même l’ouverture de la maison hantée de Disneyland. Coïncidence ? Je ne pense pas.

Assorti d'une bande-originale pénétrante, d’images d’archive et de commentaires sibyllins du réalisateur présentant le tueur comme "l'incarnation du Malin sur la Terre", le documentaire produit un malaise certain. Sorti en DVD en 2012, il n’a guère dépassé sa sphère underground en raison de sa position “pro-Manson”.

(Source)