rifle

Qu'est-ce que je pourrais bien faire pour rester un artiste subversif?, se demandait en ce dimanche soir le prince des ténèbres et cauchemar des dentistes Marilyn Manson, prostré dans son fauteuil roulant depuis que les deux pistolets géants qui lui servent de décor s'effondrèrent sur lui le mois dernier. Pisser sur mon public ? Déjà fait. Garnir une groupie de pieds de porcs, la confier à un autre membre du groupe pour une bonne baise, puis lui pisser dessus ? Déjà fait, merde. Me lacérer le torse avec des tessons de bouteilles ? J'ai passé l'âge. Fumer des ossements humains ? Been there, done that. Convoquer une danseuse qui repasserait un drapeau nazi avant d'y effectuer un auto-avortement ? Bof, vu et revu, boring, boring, boring. C'est probablement à ce stade de son raisonnement que survint l'illumination : mais oui, je suis à San Bernardino, bon sang, mais c'est bien sûr ! Et c'est ainsi que Marilyn Manson se retrouva sur scène dans une ville où eut lieu il y a deux ans la deuxième fusillade la plus mortelle de l'histoire de la Californie, son micro fixé sur une fausse kalahsnikov avec laquelle il s'amusa comme un petit foufou à braquer son public.

Heureusement, le public n'a pas été autant choqué que les médias par cet acte : un journaliste du San Bernardino Sun, présent ce soir-là, rapporte qu'à l'exception d'une poignée de personne se plaignant de ce que le geste était "naze", la foule n'a eu aucune réaction particulière. Après tout, se faire flinguer par son idole, y a-t-il plus belle mort pour un fan ?

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