image-1088470-860_poster_16x9-ulje-1088470Dans une actualité médiatique encore marquée par l’affaire Weinstein, la tourmente qu’elle sème sur son passage ne semble plus pouvoir s’arrêter. Si le producteur démiurge semble définitivement hors-jeu à Hollywood, c’est vers ses poulains que les regards se tournent. Qu’ils soient au courant ou complices de ses agissements passés, certains artistes tels que Quentin Tarantino, Kevin Smith, Ben Affleck ou Matt Damon ont dû se justifier sur leur présumée «passivité». Avant-hier, un article d’Amy Zimmerman pour le Daily Beast fouille un petit peu plus loin dans la crasse des paillettes en examinant le cas de David O.Russell
Réalisateur à succès de Three Kings, The Fighter, Silver Lining Playbook, American Hustle ou Joy, le réalisateur a vu récemment son dernier projet co-financé par Amazon et la Weinstein Company tomber à l’eau, malgré les 40 millions de dollars déjà dépensés dans la pré-prod. Clivant et ayant une réputation de casse-couilles, Russell n’a pas que des amis à Hollywood mais Weinstein semblait l’avoir dans ses petits papiers jusqu’à présent. Non content de cela, le réalisateur était, comme le nabab déchu, un véritable « faiseur de rois » : c’est grâce à Russell si des acteurs A-listés tels que Jennifer Lawrence ou Christian Bale peuvent se targuer d’avoir un Oscar sur leur cheminée. À ce titre, Zimmerman refait l’inventaire des comportements borderline du metteur en scène sur les plateaux. Des fameuses anecdotes sur la bagarre entre George Clooney et lui sur Three Kings aux éclats de colères apocalyptiques d’I Heart Hucklabees, le caractère de l’artiste n’est un secret pour personne.

Poussant à bout ses interprètes comme ses techniciens, les quelques témoignages d’assistants l’ayant côtoyé peignent un homme malsain, colérique, virant ses assistants, hurlant sur son entourage, cassant autrui pour obtenir de l’Art. Une anecdote aussi mythique que surréaliste circule sur le comportement de Russell lorsqu’il apprit que Jude Law était engagé sur un film de Christopher Nolan à l’époque d’I Heart Huckabess. Russell serait allé voir le réalisateur de Memento à une soirée et l'aurait attrapé par le cou pour qu’il libère Law de son contrat, ce qu’il obtint.
Jusqu’ici, rien de bien transcendant me direz-vous. Après tout, notre Pialat national n’était guère mieux et en Europe plus largement, un certain Lars Von Tier en fit voir de toutes les couleurs à Björk et Charlotte Gainsbourg. En 2004, une journaliste, Sharon Waxman, a eu accès au plateau d’I Heart Huckabees pour le New-York Times et a détaillé son ambiance morale et physique chaotique. Le glauque s’installe déjà avec le conditionnement des acteurs où Russell se permettait des attouchements déplacés pour remotiver ses troupes entre les prises. Trop tactiles pour certains (Mark Walhberg en tête à qui il aurait touché l’entrejambe), d’autres actrices telles qu’Isabelle Huppert décrivent simplement un mode opératoire servant à déstabiliser l’acteur, ni plus, ni moins, même si elle admet son aspect « ennuyeux ». Dans un registre tout aussi dérangeant avec le recul, une vidéo troublante de TMZ rapporte une intervention personnelle d'Harvey Weinstein sur le tournage de Joy. Alors que Russell et Lawrence s'étaient pris le bec, le producteur souhaitait venir dans la loge maquillage pour voir l'actrice, contre l'avis de Russell. 

La pire histoire que rappelle Zimmerman demeure enfin celle de la nièce transgenre de David O.Russell. En 2011, alors âgée de 19 ans, cette dernière l’accuse d’avoir passé ses mains sous son tee-shirt pour sentir ses seins. Ses attouchements arrivaient au cours d’une simple discussion sur les hormones et leur gestation. Lorsque que sa nièce rapporta l’agression supposée à la police, le réalisateur se défendit en disant qu’elle a « agi de manière très provocante envers lui ». 
Bref, Hollywood n’a pas fini de balayer devant sa porte : ça ne fait que commencer.